• Maux d'enfants...

    « Ben maman, heureusement que les fous ils étaient pas à Lyon car moi j’aurais plus eu ma tata Laura… Déjà que c’est triste mais là ça serait encore trop plus triste » - mon neveu Mathis, à peine 6 ans - aujourd’hui.

    Mon grand chéri, si sensible ! Le premier qui m’a investi de ce rôle magnifique, celui d’être tata ; ce petit bout d’homme dont le premier cri, que j’ai entendu au téléphone, a déclenché un tourbillon dans mon cœur, moi qui n’avais alors pas bien pris la mesure de ce que ça allait changer dans ma vie.

    Quand ma sœur m’a rapporté ces paroles, première réaction : cœur tout mou, il est trop mignon mon chaton !!!

    Et puis en fait, la tristesse et la colère ont pris le pas. Toutes ces émotions qui, depuis vendredi,  bouillonnent, se mélangent et même parfois se contredisent viennent exploser contre cette (ces) innocence(s) malmenée(s) : ils n’ont pas le droit de lui faire peur comme ça à mon Mathis ! Ni à ma grande Gaïa qui, hier, posait des questions très pertinentes pour essayer de mieux comprendre, avec un air détaché mais dont les yeux dévoilaient toute l’incrédulité de l’enfant encore présente chez cette belle adolescente. Ni à ce petit garçon vu à la télé, incapable de décrire l’indicible : « les méchants, c'est pas très gentils, les méchants » ajoutant, à l’intention de son papa, qu’il fallait changer de maison. Ni à tous les autres.

    La tristesse et la sidération sont là depuis vendredi : ils ont recommencé et c’est encore plus lâche qu’en janvier…. Je suis si triste pour tous ces gens qui ont vécu ça, pour leurs proches, pour mon pays.  Je n’ai pas peur d’être un jour une victime, je vais continuer de vivre ma vie telle qu’elle était jusque-là. Par contre, j’ai peur pour mon pays. J’ai peur que d’autres, des gens que j’aime, des jeunes dont j’ai croisé la route en tant qu’instit, rejoignent un jour les « fous », comme le dit si bien Mathis et finissent par nier toute humanité à leurs concitoyens d’hier… J’ai aussi peur car tout cela ne fait que renforcer le discours nauséabond  de ceux qui ont les idées courtes et sont bien heureux de pouvoir faire des amalgames qui ne vont qu’accentuer les conséquences désastreuses d’une politique d’intégration ratée depuis un demi-siècle. Diviser pour mieux régner.

    Je suis en colère contre tous ces gens qui tombent dans la facilité de la haine de l’autre, je suis en colère de voir grandir mes neveux et nièces, les enfants de mes amis et les élèves qui me sont confiés dans un monde où la violence, la peur de l’autre et les extrémismes de tous bords me semblent de plus en plus présents. Je me demande quel monde nous sommes en train de leur construire…

    Alors oui, bien sûr, si ce genre de situation fait ressortir le pire chez certains, il révèle aussi des héros et le meilleur chez les autres, l’humanité dans ce qu’elle a de plus beau n’a pas encore totalement disparue.

    Mais n’empêche, j’ai la rage pour tous ceux qui souffrent et pour nos innocentes têtes blondes, brunes ou rousses qui ont peur en ce moment mais ne comprennent pas bien pourquoi.

     

    Pour en parler avec les enfants / élèves :

    Maux d'enfants...

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  • Commentaires

    1
    Mardi 17 Novembre 2015 à 06:02

    Comme je te comprends... arf

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